Par claucomlucfar
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Aucun d’entre nous n’a une boule de cristal infaillible. Si c’était le cas, nous aurions peut-être tous misé sur Sidney Crosby marquant le but en or en 2014 et nous serions repartis avec un joli pactole! En ce qui concerne les marchés immobiliers et ce que nous pourrions voir au cours des prochaines années, l’histoire peut généralement nous offrir de précieuses leçons sur ce qui pourrait arriver, même si les taux d’intérêt continuent de fluctuer.

Ces dernières années ont été quelque peu atypiques, et la pandémie de COVID-19 a indubitablement bouleversé le marché immobilier. Des mois de confinement ont laissé la plupart des Canadiens impatients, les poussant soit à se lancer dans des projets de rénovation par eux-mêmes (avec des résultats pour le moins variés), soit à envisager de déménager.

Ce changement a entraîné des pics de prix tout au long de 2021, car la demande a augmenté en raison d’un inventaire historiquement bas, mais le marché est en train de se transformer à nouveau. Selon les données publiées par L’Association canadienne de l’immobilier (ACI), l’activité du marché était de nouveau en hausse ce printemps après la chute de l’année précédente. Bien que les prix soient toujours nettement inférieurs à leur pic, ils ont également commencé à remonter.

Alors, qu’est-ce que cela signifie pour les tendances du marché immobilier à l’avenir? Dans un monde où les trois années précédentes étaient presque impossibles à prévoir, il est difficile d’imaginer ce qui pourrait se profiler pour les cinq prochaines années. Nous avons parlé avec l’économiste de l’ACI, Ryan Biln, et Christopher Alexander, président de RE/MAX Canada, pour obtenir leur avis sur la situation probable du marché immobilier canadien au cours des cinq prochaines années.

Ces taux d’intérêt imprévisibles

Alors que le taux d’intérêt directeur de la Banque du Canada était à des niveaux historiquement bas au début de 2022 pour stimuler les emprunts après la pandémie, il a augmenté régulièrement depuis — passant de 0,25 % en janvier 2022 à un énorme 4,75 %, son plus haut niveau en deux décennies. Les augmentations de taux ont été assez régulières, et même si elles ont nettement ralenti, il est incertain de savoir quand ces hausses prendront fin, car certains économistes prévoient au moins une autre augmentation avant la fin de 2023.

Selon M. Alexander, « la Banque du Canada garde toujours la main pour le long terme » en matière de prévisions, mais ce qui est plus intéressant, c’est que cette hausse ne semble pas dissuader les acheteurs. Ils ajustent peut-être le montant de leurs emprunts, mais finalement, ils choisissent toujours d’entrer sur le marché plutôt que d’essayer d’attendre la fin des augmentations jusqu’à ce que les taux se refroidissent.

M. Biln prévoit aussi que le taux d’intérêt influencera considérablement le marché au cours des prochaines années.

« L’effet du taux d’intérêt continuera de se propager dans l’économie au fil du temps. Il entravera le marché immobilier car il deviendra plus difficile pour les acheteurs potentiels d’acquérir un bien immobilier et augmentera les coûts pour les promoteurs cherchant à créer de nouvelles offres, dit-il. Ces taux hypothécaires plus élevés touchent également les propriétaires actuels ayant des hypothèques, créant des défis pour ceux qui renouvellent maintenant et pour ceux qui devront renouveler dans les prochaines années.»

Quartier résidentiel à Vaughan en Ontario

Les défis de l’offre

Selon M. Alexander, bien que les taux d’intérêt puissent dominer la conversation, c’est le manque d’inventaire qui crée un véritable défi, aspect que l’ACI continue de faire valoir dans le cadre de ses activités de défense des intérêts.. Si les taux d’intérêt ont certainement influencé les acheteurs, M. Alexander dit qu’une des principales tendances que nous constatons est un manque flagrant de propriétés à vendre, en particulier dans les villes les plus peuplées du pays comme Toronto et Vancouver (Montréal semble avoir bénéficié du marché relativement stable du Québec).

M. Biln souligne que le manque de logements et une croissance démographique accrue créent des conditions de marché tendues et une crise d’abordabilité à l’échelle nationale.

« [Ce manque d’inventaire] crée des déséquilibres sur le marché, car nous avons plus de Canadiens à l’échelle nationale à la recherche d’un logement adéquat qu’il n’y en a actuellement disponible sur le marché de la revente, explique-t-il. Lorsque vous considérez les couches supplémentaires de mesures politiques non coordonnées par différents niveaux de gouvernement et la pénurie de nouvelles propriétés sur le marché, nous nous retrouvons avec les prix immobiliers records que nous voyons actuellement à travers le pays. »

De plus, selon M. Alexander, les défis liés à l’offre sont multiples. En premier lieu, la bureaucratie semble entraver les nouvelles constructions en rendant plus difficile la mise en chantier. Ensuite, les retards dans la planification et l’obtention des permis ont influencé les prix dans de nombreux centres-villes, car les promoteurs ne peuvent tout simplement pas suivre la demande.

Un paysage grand ouvert

Bien que les marchés de Toronto et Vancouver soient très en demande depuis des années, M. Alexander dit être encouragé par la situation  dans le reste du pays. Des provinces telles que l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador reconnaissent que leurs prix sont plus abordables  et font tout ce qu’elles peuvent pour diversifier leurs économies et attirer de nouveaux résidents.

La situation a amené les petites villes du pays à déployer de grands efforts pour attirer les acheteurs. Alors que le prix moyen d’une maison dans la région du Grand Toronto est de 1,17 million de dollars, à Regina, il est plus proche de 300 000 dollars.

En ce qui concerne les personnes de la génération Y qui souhaitent entrer sur le marché immobilier, M. Alexander suggère que les tendances pointeront probablement vers ces petites villes.

« Si vous voulez vraiment devenir propriétaire, a déclaré M. Alexander, vous pouvez trouver un moyen d’y arriver. Vous allez devoir faire preuve de grande créativité et peut-être élargir votre zone de recherche. »

M. Biln suggère que la cohabitation intergénérationnelle ou avec des colocataires pourrait être courante au cours des cinq prochaines années, car les gens continuent de se heurter à l’inabordabilité des logements. Cependant, il insiste sur le fait que, globalement, le manque actuel d’inventaire rend difficile de prédire la situation sur le marché immobilier canadien dans un avenir proche.

« Il a fallu presque 10 ans pour que les niveaux actuels d’inventaire deviennent aussi bas à l’échelle nationale, dit-il. Nous avons commencé à voir une diminution de l’inventaire après le choc des prix du pétrole de 2014, qui a conduit la Banque du Canada à abaisser les taux d’intérêt pour stimuler l’économie et a déclenché une tendance pluriannuelle où nous avons vu les Canadiens quitter l’Alberta, et d’autres régions dépendantes de l’énergie à travers le pays, pour s’installer principalement en Colombie-Britannique et en Ontario. Ce changement a entraîné une hausse des prix dans ces régions et une diminution globale de l’inventaire. Actuellement, nous voyons certaines de ces tendances migratoires interprovinciales s’inverser. »

Bien qu’il soit impossible de faire des prévisions fermes sur l’orientation du marché au cours des cinq prochaines années, nous pouvons examiner les données qui aident à cerner les tendances générales et les occasions pour les acheteurs actuels et éventuels. Si vous souhaitez mieux connaître le marché dans votre région, discutez avec un courtier ou agent immobilier local. Il peut vous fournir des informations non seulement sur les propriétés, mais aussi sur le marché du logement en général, pour vous aider à prendre la décision la plus éclairée possible.

L’article ci-dessus est à des fins d’information et ne constitue pas un conseil financier ou juridique ni un substitut à une consultation financière ou juridique.

 

Source: Realtor.ca

Collaborateur: Shaun Bernstein

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